Introduction
Le glaucome progresse souvent sans symptômes, endommageant silencieusement le nerf optique et rétrécissant le champ visuel (l'étendue complète de ce que l'on peut voir). Un test périodique du champ visuel est essentiel pour détecter cette perte précocement. Ces tests cartographient ce que vous voyez en fixant droit devant vous, aidant les médecins à surveiller le glaucome et à ajuster le traitement. Les tests du champ visuel varient considérablement dans leur fonctionnement et ce qu'ils mesurent. La périmétrie automatisée standard (PAS) – celle réalisée avec un analyseur de champ Humphrey – est le test le plus courant en clinique (www.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Des périmètres spécialisés et de nouvelles technologies (comme la réalité virtuelle ou les applications sur tablette) émergent. Chaque méthode a ses forces et ses limites en termes de vitesse, de confort, de précision et de détection précoce. Cet article passe en revue les principaux types de tests du champ visuel pour le glaucome : leur fonctionnement, ce qu'ils mesurent et leurs différences. Il aidera les patients à comprendre les tests qu'ils pourraient rencontrer et guidera les médecins sur l'outil le mieux adapté à différents besoins.
Test conventionnel du champ visuel
Périmétrie statique automatisée (Humphrey, Octopus)
L'analyseur de champ Humphrey (HFA) et les machines similaires (par exemple, Octopus) effectuent une périmétrie statique automatisée, la norme clinique actuelle (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Dans ces appareils en forme de coupole, le patient fixe un point central fixe tandis que de petites taches lumineuses apparaissent une par une à différents endroits du champ (généralement dans un rayon de 24° ou 30° du centre). Pour chaque tache, le patient appuie sur un bouton s'il voit la lumière. La machine ajuste automatiquement l'intensité lumineuse (« seuil ») pour trouver la tache la plus faible visible à chaque point. Le suivi oculaire et les essais de « capture » aléatoires (par exemple, parfois aucune lumière n'est affichée) vérifient la fiabilité. La PAS utilise des stimuli blanc sur blanc, c'est-à -dire des lumières grises sur un fond blanc (www.ncbi.nlm.nih.gov). Une base de données intégrée compare la carte de sensibilité du patient à des valeurs normales. Les résultats incluent des mesures telles que la déviation moyenne (DM) et un indice de champ visuel, qui résument l'étendue globale de la perte de vision. En pratique, la PAS détecte et suit les défauts glaucomateux classiques (tels que les pas nasaux ou les scotomes arqués) et montre la progression au fil du temps (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
La périmétrie statique est très quantitative, mais elle a des inconvénients. Le test peut prendre 5 à 10 minutes par œil, ce qui demande de la concentration (les patients se fatiguent ou sont parfois distraits) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les erreurs dues à la fatigue ou à l'inattention (« faux positifs » ou « faux négatifs ») sont suivies, mais la variabilité reste un problème (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). En pratique, de nombreux patients ont besoin de plusieurs tests avant qu'une ligne de base stable ne soit trouvée. En revanche, les résultats de la PAS sont bien compris : les cliniciens savent interpréter un rapport HFA. Des algorithmes spéciaux comme SITA Fast ou SITA Faster accélèrent les tests tout en maintenant la précision des résultats (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les nouveaux protocoles PAS (par exemple, l'ajout de points de test centraux supplémentaires) peuvent améliorer la détection précoce et réduire le temps de test (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Dans l'ensemble, la périmétrie statique automatisée est la pierre angulaire des soins du glaucome.
Périmétrie manuelle (cinétique) – Périmètre de Goldmann
Avant les ordinateurs, la périmétrie de Goldmann était la norme. Un technicien qualifié déplaçait manuellement une lumière vive de taille et d'intensité fixes à travers une coupole hémisphérique. Le patient signalait quand il voyait pour la première fois la lumière en mouvement, traçant des isoptères (lignes d'égale sensibilité) sur le champ. Cette méthode cinétique permettait de cartographier très facilement de larges champs et d'adapter l'examen en temps réel, ce qui était utile à d'autres époques ou pour les évaluations d'invalidité. Cependant, elle exige un opérateur qualifié pour la réaliser et l'interpréter. Dans la pratique moderne, la périmétrie de Goldmann est rarement effectuée, surtout pour le glaucome. Les tests automatisés ont largement pris le relais car ils standardisent le processus et se comparent facilement aux bases de données normales (www.ncbi.nlm.nih.gov). (Dans certains cas où un test automatisé ne peut pas être effectué – par exemple, si un patient doit être testé au chevet – un appareil de périmétrie semi-automatisé ou même manuel pourrait encore être utilisé (www.ncbi.nlm.nih.gov).) Des études montrent que la périmétrie statique automatisée détecte généralement les défauts glaucomateux plus rapidement : une comparaison a révélé que le système Humphrey détectait près de deux fois plus d'yeux avec des défauts que le test de Goldmann, et qu'il trouvait plus souvent une progression (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov). En bref, le test de Goldmann est bien établi mais largement supplanté par des méthodes automatisées plus rapides et ne dépendant pas de la compétence de l'examinateur (www.ncbi.nlm.nih.gov).
Périmétrie statique spécialisée pour une détection précoce ou spécifique
Périmétrie par doublement de fréquence (FDT)
La périmétrie FDT utilise une illusion unique pour tester la vision. Au lieu d'une petite tache lumineuse, la FDT projette un réseau rayé à faible détail (faible fréquence spatiale) qui scintille rapidement. Cela donne l'impression que le nombre de rayures double. L'idée est que ce stimulus sollicite spécifiquement les cellules ganglionnaires rétiniennes « magnocellulaires », qui peuvent montrer des dommages avant que d'autres cellules ne soient affectées. Les premières recherches suggéraient que la FDT pourrait détecter les signes avant-coureurs du glaucome plus tôt et avec une grande sensibilité (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). En fait, certaines études plus anciennes lui attribuaient une sensibilité comparable, voire supérieure, à la PAS, avec moins de variabilité dans les zones sévèrement endommagées (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Elle est devenue populaire comme outil de dépistage rapide et est utilisée dans certains tests de champ ou même sur des appareils de dépistage portables.
Cependant, la FDT n'est pas parfaite. Elle repose également sur les réponses du patient et présente une variabilité test-retest (certaines études ont montré que la PAS prédisait mieux les baisses de qualité de vie que la FDT (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)). Aujourd'hui, la plupart des spécialistes du glaucome s'appuient sur la PAS, en partie en raison de ces préoccupations de fiabilité et parce que le modèle (un champ situé en décibels) est différent. Néanmoins, les cliniques peuvent utiliser la FDT comme alternative dans certaines populations (par exemple, certains programmes de dépistage de soins primaires l'utilisent en raison de sa rapidité). Pour les patients : un examen FDT ressemble à d'autres périmètres, mais les motifs de rayures clignotantes peuvent procurer une sensation étrange.
Périmétrie automatisée à ondes courtes (SWAP/Bleu sur jaune)
La périmétrie bleu sur jaune ou SWAP a été conçue pour isoler les dommages à un type différent de cellules rétiniennes. Le test projette une grande tache lumineuse bleue sur un fond jaune vif. Le fond jaune « supprime » temporairement la plupart des cônes rouges et verts, de sorte que la détection repose sur les cônes sensibles aux courtes longueurs d'onde (sensibles au bleu) et leurs cellules ganglionnaires rétiniennes connectées. En théorie, cela teste un sous-ensemble de cellules rétiniennes (les petites cellules « bistratifiées ») que le glaucome pourrait affecter précocement.
La recherche montre que la SWAP trouve souvent des défauts plus tôt que la périmétrie standard (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Une revue a déclaré que la SWAP est « plus sensible que la norme… pour la détection précoce du glaucome » (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov). En pratique, un patient effectuant un test SWAP voit un champ lumineux et occasionnellement une tache bleue – cela peut être plus difficile pour les yeux car cela nécessite un fort éclairage jaune. Les tests SWAP ont également tendance à être plus longs et peuvent être inconfortables (les patients trouvent souvent l'éblouissement fatigant). En raison de ces problèmes, la SWAP est rarement effectuée en routine, sauf dans les centres spécialisés ou les milieux de recherche. Si elle est utilisée, c'est généralement en complément de la PAS dans les cas de suspicion de glaucome. Pour les patients, la SWAP est une option clinique pour détecter une perte précoce subtile, mais elle peut ne pas être proposée partout en raison de ces inconvénients pratiques.
Champ visuel central et micropérimétrie
La micropérimétrie (ou périmétrie guidée par le fond d'œil) est un appareil qui teste la rétine point par point tout en l'imaginant simultanément. Elle est principalement utilisée pour les maladies maculaires, mais certains chercheurs en glaucome l'ont utilisée pour cartographier le champ visuel central en détail. Dans le glaucome, la perte de champ est généralement d'abord dans la mi-périphérie. Cependant, des défauts centraux microscopiques peuvent exister précocement. La micropérimétrie teste de nombreux points rapprochés autour de la fixation (souvent les 10° centraux) et les relie à l'emplacement rétinien exact.
Des études suggèrent que la micropérimétrie peut détecter une perte de sensibilité centrale même lorsqu'un test Humphrey 10-2 ou 24-2 standard apparaît normal (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Dans une étude, les patients atteints de glaucome présentant un seul pas nasal à la périmétrie standard ont montré des défauts centraux clairs à la micropérimétrie (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Le test est très reproductible avec la propre carte de vision du patient. En pratique, un ophtalmologiste pourrait utiliser la micropérimétrie pour un patient glaucomateux principalement pour étudier l'implication de la vision maculaire – elle est moins courante comme test de champ de routine. Elle nécessite un équipement spécial et une interprétation experte. Les patients qui subissent un test de micropérimétrie verront des lumières sur un fond comme tout test de champ, mais leur œil est continuellement imagé pour localiser précisément où chaque tache tombe sur la rétine. La micropérimétrie révèle des motifs centraux détaillés et peut corréler la perte de champ avec l'anatomie du nerf optique, mais elle ne remplace pas les tests de champ périphérique standard pour la plupart des soins du glaucome.
Technologies émergentes
Périmétrie portable et montée sur la tête (réalité virtuelle)
De nouveaux périmètres portables utilisant la RV (réalité virtuelle) ou des écrans montés sur la tête deviennent disponibles. Ce sont des appareils compacts qui ressemblent à des lunettes de réalité virtuelle. Ils présentent les motifs de test à l'intérieur du casque au lieu d'une grande coupole. Avec des écrans haute résolution, le petit affichage peut émuler le test de champ standard. Certaines conceptions incluent le suivi oculaire pour s'assurer que vous continuez à regarder la cible de fixation centrale.
Ces périmètres montés sur la tête présentent des compromis notables. Du côté positif, ils ne nécessitent pas de pièce sombre ni de mentonnière fixe, ce qui permet d'effectuer les tests dans n'importe quelle pièce calme – même à domicile (www.ncbi.nlm.nih.gov). De nombreux patients trouvent plus confortable de porter un casque que de se pencher dans le casque d'une machine, en particulier les personnes souffrant de douleurs au cou/dos (www.ncbi.nlm.nih.gov). Un casque bloque naturellement la lumière extérieure, éliminant ainsi le besoin d'obscurité. Dans une étude comparant un appareil monté sur la tête « imo » à un analyseur Humphrey, les résultats étaient étroitement corrélés et le test RV était environ 30 % plus rapide (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). En fait, plusieurs périmètres RV (par exemple, imo, Vivid Vision, Virtual Field, VIP by Solomon, etc.) ont été homologués par la FDA ou sont en cours de développement pour permettre des tests portables du glaucome (www.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
D'autre part, certaines personnes n'aiment pas le poids d'un casque sur le visage (www.ncbi.nlm.nih.gov). De plus, tester en dehors de la clinique ophtalmologique apporte de nouveaux défis : les bruits ambiants ou les distractions dans une salle d'attente pourraient interrompre le test. Comme le note un rapport, les cliniques ont déjà homologué plusieurs périmètres RV par la FDA, et d'autres sont attendus (www.ncbi.nlm.nih.gov). Ces nouveaux appareils promettent des tests pratiques et flexibles, mais ils sont encore en cours de validation. Tous les ophtalmologistes ne les possèdent pas encore. Pour les patients, la périmétrie RV peut ressembler à porter un casque de jeu et à effectuer une tâche simple de type jeu vidéo pendant quelques minutes pour chaque œil.
Périmétrie sur tablette/ordinateur
Plutôt qu'une machine encombrante, les tablettes ou ordinateurs de bureau ordinaires peuvent désormais exécuter des tests du champ visuel. Les applications de périmétrie sur tablette comme Melbourne Rapid Fields (MRF) transforment un iPad en écran de périmètre, présentant des stimuli via une application. Les avantages sont évidents : tout le monde a des tablettes, elles sont bon marché et portables, et en principe, vous pourriez tester votre champ visuel à domicile. L'application MRF, par exemple, est homologuée par la FDA et exécute un test complet de 30° en environ 4 à 5 minutes par œil (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
Les tests basés sur ordinateur permettent aux patients de passer l'examen à domicile sous supervision à distance ou même sans supervision (il existe des études de surveillance à domicile de 3 mois utilisant MRF en ligne (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)). Ils peuvent également utiliser des stimuli créatifs (par exemple, des motifs scintillants) que les périmètres à coupole ne peuvent pas montrer (www.ncbi.nlm.nih.gov). Ces tests incluent des invites vocales intégrées et des interfaces conviviales, ce qui les rend potentiellement plus engageants, en particulier pour les jeunes ou les utilisateurs avertis en technologie (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (www.ncbi.nlm.nih.gov).
Les compromis concernent la standardisation. La machine Humphrey d'une clinique contrôle soigneusement le niveau de lumière, la calibration et la distance d'observation. Mais à la maison ou sur une tablette, la lumière ambiante peut varier et le patient pourrait ne pas fixer ses yeux de la même manière (www.ncbi.nlm.nih.gov). Les tests peuvent devoir être interrompus si le patient bouge trop. Un avantage de certains appareils sur tablette est la présence de « moniteurs de tache aveugle » ou de vérifications fréquentes de la fixation pour s'assurer que la personne regarde correctement (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). La recherche montre que des applications comme MRF peuvent donner des résultats comparables à ceux d'un Humphrey en moyenne (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Cependant, la variabilité individuelle des tests peut être plus élevée que dans l'environnement clinique scellé (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Par exemple, une étude a révélé que les scores de déviation moyenne d'un test sur iPad étaient inférieurs de quelques décibels à ceux du Humphrey, et que quelques points différaient (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Cela signifie que les résultats entre les systèmes ne doivent pas être mélangés ; les médecins suivraient les résultats de chaque système séparément. Néanmoins, pour de nombreux patients (surtout dans les zones reculées ou pendant les pandémies), la périmétrie à domicile via des tablettes pourrait être un complément pratique. Des travaux sont en cours pour rendre ces applications plus robustes : un groupe a rapporté que leur application restait précise même lorsque l'éclairage ou le flou variaient, tant que ses instructions à l'écran étaient suivies (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
Périmétrie objective (Pupillographie, Tests saccadiques)
Tous les tests ci-dessus dépendent de vous qui appuyez sur un bouton lorsque vous voyez une lumière. Mais que faire si quelqu'un ne peut pas le faire de manière fiable (jeunes enfants, patients très handicapés) ? Les chercheurs explorent des méthodes objectives qui ne nécessitent pas de clic conscient. Une idée est la périmétrie pupillaire : éclairer des stimuli lumineux dans des parties du champ visuel et mesurer le réflexe de la pupille. Par exemple, un appareil appelé RAPDx fait clignoter des lumières région par région à chaque œil et suit la réponse pupillaire bilatérale. Si un hémisphère de la vision est faible, la pupille se constrictera différemment. Dans les études, la pupillographie automatisée a montré une certaine capacité à détecter le glaucome, surtout quand un œil est plus atteint que l'autre (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). (C'est logique : le test est particulièrement bon pour détecter l'asymétrie entre les yeux.) Cependant, la précision est encore limitée : dans une étude, il avait une aire sous la courbe modérée (~0,85) pour la détection du glaucome, performant mal si les deux yeux étaient également endommagés (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Cette méthode n'est pas standard dans les soins de routine pour l'instant.
Un autre concept est la périmétrie basée sur le suivi : certains systèmes suivent les mouvements oculaires pour assurer la fixation ou utilisent les mouvements oculaires involontaires comme rétroaction. Par exemple, un test expérimental demande au patient de regarder naturellement des points en mouvement (comme jouer à un jeu électronique) tandis qu'un algorithme infère ce qu'il voit. C'est prometteur pour les enfants qui ne peuvent pas se concentrer sur un point fixe. Mais ces méthodes sont encore principalement des outils de recherche. Actuellement, la grande majorité des cliniques du glaucome utilisent la périmétrie à réponse du patient (comme Humphrey ou FDT). Si les tests conventionnels ne sont pas possibles, un ophtalmologiste pourrait détecter un grand défaut avec des tests de confrontation plus simples ou orienter vers des méthodes spécialisées.
Comparaison des tests
- Source d'information : Le test PAS/blanc sur blanc mesure la luminosité minimale d'une tache lumineuse que l'œil peut voir à chaque endroit (www.ncbi.nlm.nih.gov). La FDT mesure la sensibilité au contraste le long de réseaux scintillants (ciblant certaines cellules ganglionnaires) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). La SWAP mesure la sensibilité basée sur les cônes bleus. La micropérimétrie cartographie la sensibilité rétinienne centrale avec guidage par imagerie (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
- Sensibilité et détection précoce : Certains tests sont conçus pour détecter le glaucome tôt. La SWAP et la FDT peuvent trouver des défauts précoces que la PAS ne détecte pas (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). En pratique, la PAS est toujours souvent la « norme d'or », mais un défaut précoce sur la FDT ou la SWAP peut susciter des soupçons. L'évaluation régulière utilise généralement toujours la PAS pour la cohérence.
- Fiabilité et variabilité : Tous les tests subjectifs présentent une variabilité (stabilité de l'attention, etc.). Les tests Humphrey classiques ont des indices de fiabilité bien caractérisés. La FDT et la SWAP ont leurs propres normes et peuvent parfois être plus variables si l'éclairage est trop lumineux ou si les stimuli scintillent. Les tests sur tablette ont des sources d'incohérence supplémentaires (éclairage, position) (www.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Généralement, la périmétrie PAS ou RV en clinique donne des résultats plus reproductibles que les tests à domicile ad hoc, à condition que le patient coopère.
- Vitesse : De nouveaux algorithmes (comme SITA Faster) et appareils peuvent raccourcir le temps de test. Par exemple, certains tests sur tablette complètent un champ en moins de 5 minutes, contre environ 7 à 8 minutes par œil sur la PAS traditionnelle. L'appareil monté sur la tête IMO a réduit le temps de test d'environ 30 % par rapport à un HFA (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Le regroupement des calendriers de tests peut également améliorer l'efficacité (pour les essais cliniques) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
- Confort et accessibilité : Les périmètres à coupole traditionnels nécessitent de se pencher en avant dans une machine avec une mentonnière. Cela peut être inconfortable pour les personnes souffrant de problèmes de cou/dos. Dans les périmètres montés sur la tête, il suffit de porter des lunettes sans avoir besoin d'une cabine sombre (www.ncbi.nlm.nih.gov). Les tablettes vous obligent à fixer à une distance plus proche (par exemple, 30 cm) mais permettent de s'asseoir confortablement à un bureau. Les casques de RV bloquent la lumière extérieure et peuvent sembler moins claustrophobes, mais certains patients signalent le poids du casque comme un problème (www.ncbi.nlm.nih.gov). Les tests à domicile sont pratiques (pas de déplacement) mais nécessitent discipline et conseils. Généralement, les nouveaux appareils visent à améliorer le confort du patient et à réduire la fatigue.
- Objectivité : Actuellement, la PAS/FDT/SWAP reposent toutes sur votre réponse manuelle. Cela signifie que les jeunes enfants ou les patients très altérés peuvent avoir des difficultés. Les méthodes objectives (comme la pupillographie (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)) évitent la nécessité d'appuyer sur un bouton et peuvent détecter les défauts afférents, mais elles ne sont pas largement utilisées en dehors de la recherche. Si un médecin soupçonne qu'un patient ne peut vraiment pas effectuer une périmétrie standard, il pourrait utiliser des tests bilatéraux ou des examens alternatifs (comme les potentiels évoqués visuels – hors de notre portée).
Choisir le bon test
Aucun test unique n'est le meilleur dans toutes les situations. Le choix dépend des besoins du patient et des besoins cliniques :
- Nouveau glaucome ou suspects : Les cliniques commencent généralement par la PAS standard (Humphrey 24-2 ou 30-2). Elle donne une ligne de base générale. Si la vision centrale est principalement à risque (glaucome avancé), elles peuvent également effectuer un test 10-2 du champ central.
- Cas précoces ou suspects : Certains médecins peuvent ajouter un champ FDT ou SWAP, recherchant des changements subtils que le Humphrey 24-2 pourrait manquer. C'est particulièrement vrai si l'examen clinique (apparence du nerf optique) semble pire que ce que suggèrent les CV Humphrey.
- Glaucome avancé : Lorsque le glaucome est très avancé, le champ central devient crucial. La PAS avec la grille 10-2 et même la micropérimétrie peuvent cartographier la vision restante. La FDT et la SWAP ajoutent moins d'informations dans les yeux en phase terminale.
- Patients jeunes ou non coopératifs : Si un enfant ou un patient très anxieux ne peut pas effectuer un long test de fixation fixe, un médecin peut essayer un dépistage plus facile (par exemple, un dépistage FDT ou des méthodes optocinétiques). Certains centres utilisent la périmétrie saccadique ou un test ludique avec suivi oculaire pour les enfants. Sinon, ils peuvent se concentrer sur les tests structurels (scans OCT du nerf) plus que sur les champs visuels.
- Limitations physiques : Les patients qui ne peuvent pas s'asseoir droit ou rester immobiles (utilisateurs de fauteuils roulants, douleurs au cou/dos) peuvent bénéficier de périmètres portables montés sur la tête. Si quelqu'un vit loin de la clinique, un test à domicile validé (sur tablette ou basé sur le web) peut aider à assurer le suivi entre les visites médicales.
- Disponibilité des tests et suivi : Souvent, la décision est une question de praticité : si la clinique n'a qu'un Humphrey, c'est celui qui est utilisé. Si un test d'application mobile est validé dans cette pratique, il peut servir de complément. Le médecin essaiera de comparer des éléments similaires (c'est-à -dire que si vous commencez le suivi sur Humphrey, il continuera sur Humphrey pour la cohérence). Changer d'appareil en cours de route peut rendre difficile de distinguer un vrai changement des différences de machine. C'est pourquoi de nombreuses cliniques adoptent lentement de nouveaux outils et les valident en parallèle d'abord.
Obstacles pratiques et orientations futures
Coût et équipement : Les périmètres traditionnels (Humphrey, Octopus) sont des machines coûteuses et chaque clinique n'en possède généralement qu'un ou deux. Les nouvelles technologies coûtent également de l'argent : un périmètre RV nécessite des écrans haute résolution et un suivi, et les tablettes nécessitent des outils de calibration. Le coût initial peut ralentir l'adoption, en particulier dans les milieux à faibles ressources.
Formation et validation : La périmétrie automatisée est conviviale pour l'opérateur, mais les nouveaux appareils nécessitent une formation du personnel (comment positionner le patient avec un casque, comment calibrer une tablette, etc.). Les cliniques ont également besoin d'être sûres que les nouveaux tests sont valides. Les chercheurs comparent les résultats appareil par appareil (comme l'étude où le test sur iPad correspondait étroitement au Humphrey en moyenne (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)). L'approbation réglementaire (comme l'autorisation de la FDA) et les preuves publiées soutiennent ces appareils, mais une confiance généralisée prend du temps.
Standardisation : Comme indiqué, les tests sur tablette et à domicile ne bénéficient pas de l'environnement contrôlé d'une pièce sombre avec optique fixe (www.ncbi.nlm.nih.gov). Pour utiliser ces tests de manière fiable, des travaux supplémentaires sur les algorithmes logiciels et les instructions d'utilisation sont nécessaires. Par exemple, un suivi oculaire amélioré pendant les tests à domicile pourrait annuler les erreurs de fixation. Le développement de méthodes robustes pour standardiser la distance, la luminosité et même le type d'entrée (toucher du doigt vs. pression sur la barre d'espace) est en cours (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (www.ncbi.nlm.nih.gov).
Familiarisation du patient : Les patients novices en périmétrie ont besoin d'instructions. Passer d'une machine traditionnelle à une tablette peut être déroutant. Certaines personnes pourraient préférer des « lunettes » montées sur la tête comme plus naturelles, tandis que d'autres font confiance à l'appareil à coupole testé depuis plus longtemps. Les médecins doivent guider les patients à travers tout test et interpréter les résultats dans leur contexte.
Évolution technologique : L'avenir du test du champ visuel impliquera probablement un mélange d'approches. La réalité virtuelle et l'IA pourraient rendre les tests plus rapides et plus intelligents. L'IA pourrait, par exemple, prédire un champ complet à partir de moins de points de test (en utilisant des modèles appris à partir de grands ensembles de données) et ainsi raccourcir le temps d'examen. Déjà , les algorithmes d'IA ont montré des promesses dans la prédiction de la perte visuelle à partir d'autres scans oculaires (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les méthodes d'apprentissage profond combinant l'imagerie OCT et les champs visuels pourraient bientôt affiner la périmétrie ou même fournir une alerte précoce sans test oculaire évident. Les appareils portables et les tests à domicile vont probablement se développer, en particulier pour l'autosurveillance des patients entre les visites. Néanmoins, tout nouvel outil doit finalement prouver qu'il peut montrer un changement réel de manière fiable ; sinon, la gestion du glaucome aura toujours besoin des réponses du patient.
Conclusion
En résumé, une variété de tests du champ visuel existent pour le glaucome. La périmétrie automatisée standard (Humphrey/Octopus) reste la pierre angulaire clinique pour diagnostiquer et surveiller la perte de champ (www.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). D'autres méthodes – FDT, SWAP, micropérimétrie, etc. – ciblent des types de cellules ou des régions spécifiques et peuvent révéler certains défauts plus tôt (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les technologies émergentes comme les périmètres en réalité virtuelle et les tests sur tablette promettent plus de confort et d'accessibilité (www.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov), bien qu'elles posent des défis logistiques (contrôle environnemental, standardisation) (www.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Chaque approche mesure la sensibilité visuelle de manières légèrement différentes, de sorte que les résultats ne sont pas toujours directement interchangeables.
Pour les patients, le point à retenir est le suivant : plusieurs options de test peuvent être proposées en fonction de votre situation. Ne soyez pas surpris si une fois vous êtes assis devant une machine Humphrey, et une autre fois vous mettez des lunettes spéciales ou même faites un test sur une tablette. Le médecin peut choisir la méthode en fonction de votre âge, du stade du glaucome ou de facteurs pratiques. Tous les tests visent à faire la même chose : cartographier votre champ visuel afin que même une perte de vision subtile devienne apparente. À mesure que la technologie progresse, le test du champ visuel pourrait devenir plus rapide et plus convivial pour les patients, mais l'objectif reste clair : détecter toute perte de vision le plus tôt possible et la suivre attentivement pour protéger votre vue (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (www.ncbi.nlm.nih.gov).
